L’Abécédaire des Localos (J.Y. Pineau) 2018-04-12T18:30:55+00:00

Reprise des articles publiés chaque mois par Jean-Yves Pineau dans le magazine Villages.

La lettre A 2018-04-12T19:12:36+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

À tout seigneur tout honneur : nous débuterons cet abécédaire par le A. Celui qui bombine parfois.
A comme « Annonces (petites) ». Cela aurait pu être A comme « Atypique ». Mais non.
Jetons un œil et une oreille sur quelques scénettes garanties sang pour sang billot :
Coté territoires d’abord et leurs merveilleuses annonces alléchantes :

Territoire presque pas rural bien que peu dense, très dynamique avec bientôt le très haut débit dès 2045, cherche porteur de projet muni d’un fort apport capitalistique et accompagné d’une famille nombreuse avec des enfants en âge d’être scolarisés en primaire mais sans avoir besoin d’être gardés voire occupés hors temps scolaire obligatoire. Bénévolat en yoga et en sophrologie serait un plus.

Ou bien

Territoire urbain en haut de la Seine mais sympa , cherche famille aisée, tranquille, avec trois enfants polis dont les parents travaillent déjà mais en quête de devenir encore plus riches grâce à notre environnement certes un peu pollué mais nanti d’avantages comparatifs incomparables. Pour l’installation, prière de laisser une enveloppe conséquente derrière l’hypermarché à l’attention de…

Mais poursuivons l’investigation coté relationnel, le coté contact humain qui souvent, bien souvent, fait la différence dans l’accueil de porteurs de projet…

« Bonjour, voilà j’ai un projet d’installation agricole.
-Bonjour. Bienvenu ! Vous tombez bien nous avons une exploitation à reprendre. Enfin si les voisins agriculteurs ne s’entendent pas sur le prix à donner pour leur agrandissement bien sûr !
-Ah ? Bon, moi je veux m’installer en maraîchage et je n’ai pas besoin de beaucoup de terre.
-Ah ? Je vois. Est-ce que vous avez des dreadlocks et est-ce que vous avez de la moquette chez vous ?
-Euh oui pourquoi ?
-Bip bip bip…
-Allo ? Allo ? »

Ou Encore :

« Bonjour voilà j’ai un projet de reprise de commerce avec ma compagne et une bande de potes.
-Bonjour. Bienvenu ! Vous tombez bien nous avons justement le dernier commerce qui a fermé en 1936 et que nous souhaitons rouvrir pour combattre notre hyper ruralité. Quel type de commerce souhaiteriez-vous développer ?
-Et bien nous pensons à un magasin général avec vente de billets de TGV par exemple.
Bip bip bip…
Allo ? Allo ? »

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Monsieur, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois ! Allez savoir.

La lettre B 2018-04-12T19:10:37+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Allons voir dans cet abécédaire de quoi il en retourne pour la lettre B.

Ce sera B comme « boussole ». Pourquoi ? Parce que. Une boussole c’est essentiel pour éviter les fausses pistes qui jalonnent les parcours des PP (sigle qui désigne les porteurs de projets qui peuvent être parfois très jeunes voire naïfs).

Tout d’abord, la boussole va vous permettre de ne pas vous perdre dans vos motivations voire d’égarer vos proches si vous les embarquez dans votre aventure. Êtes-vous bien dans le sens que vous voulez donnez à votre vie ?

Ensuite, vous allez vous faire accompagner. C’est mieux ! Mais attention, c’est parfois étourdissant. Entre les conseillers des Chambres Consulaires, les conseillers de la formation, les conseillers des territoires, les conseilleurs des conseillers (non je plaisante là, quoique), il y aura nécessité de ne pas se perdre. Vous êtes un bien précieux pour un conseiller, car, grâce à vous, PP que vous êtes, il sera payé. Tenter alors de prendre de la hauteur. Essayer de trouver le conseiller-boussole ou référent vous voyez ? Et si ce référent est l’agent de développement du territoire de votre choix, ce sera parfait ! Il connaît bien le contexte local !

Enfin, justement, vous vous demandez quelle commune pourra accueillir votre projet et éventuellement votre famille ou vos associés. Vous avez bougrement raison. Ce choix est primordial ! En effet, ce « territoire » sera le support à votre projet de vie et à votre projet professionnel ! Là encore, une boussole vous permettra d’explorer sans vous perdre les nombreuses campagnes et petites villes qui font le bonheur du jeu des mille euros et l’exaspération des pro-méga(lo)poles…

Ça fout les chocottes tout ça ? Mais non allez ! En résumé, munissez-vous d’une boussole qui indique : le cap concernant votre projet de vie, le cap concernant votre projet professionnel, le cap concernant le territoire qui nourrira projet de vie et projet professionnel. Une boussole trois en un !

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Monsieur, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

La lettre C 2018-04-12T19:14:09+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Quelle lettre pourrions-nous explorer cette fois-ci sachant que la dernière était la lettre B ?

Allez, soyons innovants ! Ce sera le C comme « Culture ». Pourquoi ? Parce que.

Je vais me jeter à l’eau et formuler une hypothèse. Les territoires ruraux les plus en « vie », ceux qui donnent le plus « envie », sont, restent et seront les territoires à fort indice culturel 1 ! A vous, porteurs de projet en quête d’un territoire à vivre et à travailler d’inclure ce critère dans vos recherches. Non, les seuls critères de type économiques, géographiques ou « serviciels » ne suffisent pas à garantir une installation pérenne et heureuse. Mais euhhh ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? Pourquoi ?

Parce que.

Parce que dans les territoires à identité valorisée donc valorisante, où l’accès aux pratiques culturelles est assurée, où les paysages ne sont pas que des « décors » mais sont « supports » pour des activités, des évènements (festivals, concerts, expositions…), je vous fiche mon billet que les populations et les acteurs y sont plus accueillants qu’ailleurs. Je vous fiche mon billet que ces populations ont pris l’habitude plus qu’ailleurs de ne pas avoir peur de l’autre, de l’étranger, de l’étrangeté. Je vous ficherais mon billet s’il m’en restait, que, preuve suprême de confiance locale, les « néos » arrivés ont des responsabilités dans les associations culturelles, voire les collectivités (oui cela existe ! Enfin pas encore assez à mon goût). Ce sont des territoires non repliés sur eux-mêmes, qui se savent en cours de construction, qui savent l’importance de s’ouvrir aux nouveautés, aux nouvelles activités, aux nouveaux regards. Bref, au changement et à la créativité. Ainsi la culture devient un levier puissant pour créer du territoire. Pour mettre en mouvement le territoire, pour créer de l’interconnaissance, pour se frotter à du nouveau, à du bizarre, à du hasard. A créer du lien, des liens. Sur le territoire et au-delà du territoire…

Des territoires à fort indice culturel, c’est aussi et d’abord des lieux où on ne s’ennuie pas, ou l’on peut continuer à s’émanciper, à grandir, à épaissir. Soi-même, ses enfants, ses voisins… A prendre des nouvelles du monde, à en prendre soin.

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Monsieur, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

1 Concept nouveau qui sonne bien non ? Pas trop dur à comprendre en plus ? Si ?

La lettre D 2018-04-12T19:15:36+00:00

Chère lectrice (cher lecteur)

Très heureux de vous retrouver. Si la réciproque est vraie, alors vous ne serez pas surpris de cette annonce : c’est la lettre D qui sera reine ce trimestre ! Certes, me direz-vous ! Mais D comme quoi ? D comme Déprime (très tendance aujourd’hui) ? D comme Dehors (encore plus tendance aujourd’hui) ? Ah je vous sens bouillir vous les impatients porteurs de projets ! Et bien soit, je vous le D’voile, ce sera D… comme système ! Pourquoi ? Parce que.

Oh J’entends d’ici les voix de puristes qui s’insurgent de ce procédé plus ou moins douteux (c’est l’une des définitions du système D D’ailleurs) et qui me pressent pour que la lettre D soit Débrouille. Fi des puristes (si vous trouvez une antistrophe ici merci de me dénoncer au rédacteur, via le courrier des lecteurs) ! Non. Ce sera D comme système.

D’abord parce que là, sous vos yeux mêmes de lecteurs déjà ébahis, j’y ai recours (au système D) pour trouver l’inspiration ! Je viens ainsi, quasiment l’air de rien, de vous démontrer par A + B qu’avoir recours à la lettre D et à son système permet deux choses essentielles quand on est porteur de projet : 1) Contourner les difficultés 2) Provoquer la créativité ! Et vice versa.

Bien. Vous me suivez j’imagine. Alors poursuivons. Balayons d’un revers de manche (comme au tennis) cette définition qui dirait, un tantinet suffisante voire méprisante, que le système D est l’art de la débrouille. Voyez-vous cela !

Non, non et non ! J’ose affirmer ici, chère lectrice (cher lecteur), du haut de mes 2 258 porteurs de projet accompagnés durant ma vie d’agent de développement, que le système D est tout simplement un art ! Point. Pourquoi ? Parce que.

Parce que je ne connais pas de projet pérenne qui n’est été tordu, façonné en dehors des clous pour épouser au mieux les contours et les souhaits de son porteur. Parce que je ne connais pas de projet pérenne qui ne s’est affranchi du cadre dans lequel on voulait le faire rentrer (cadres administratif, financier, commercial…). Parce que je ne connais pas de projet pérenne qui n’ait évolué de manière pragmatique, hors académie, pour s’adapter, s’intégrer dans un écosystème idoine, seul gage de réussite.

Mouais, je vous voir faire la moue. Un exemple concret ? Ah la tyrannie du « concret »… Allez, soit : votre projet, génial, précurseur, innovant, indispensable, bref votre projet, ne trouve pas son financement auprès des banques ? Trop génial, trop innovant, trop précurseur… Qu’à cela ne tienne, vous décidez de passer par de l’épargne locale, du don, du crowdfunding, de l’échange. L’économie avec un grand E ne veut pas de vous ? Tant mieux, vous vous risquez alors dans la Nouvelle Economie (collaborative, fonctionnelle…) quitte à redessiner votre projet. En prime, vous y trouver un supplément d’âme. Si ça ce n’est pas du D ! ! !

Notons tout de même que quand le « D système » fonctionne bien, il peut perdre son « D » pour ne rester que « système » (avalé qu’il est le D !). Et il faut alors à nouveau se creuser les méninges. Parce que c’est dans les marges et dans le bricolage que s’invente et s’invite le nouveau monde. Et chacun pressent que le seul système qui vaille c’est celui qui permet que le D de Demain devienne le D de Durable non ?

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

A dans trois mois !

 

La lettre E 2018-04-12T19:17:05+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Quel plaisir de vous retrouver chères porteuses et chers porteurs de projet ! Enfin j’espère que pour beaucoup d’entre vous, votre projet s’est concrétisé. Parce que sinon… Enfin comme le dit le proverbe, qui va piano va sanyo1.

Allez zou, mes espaces étant comptés, attaquons sans ambages. Parlons de la lettre E. E comme Économies (nouvelles). Pourquoi ? Parce que.

Mais c’est quoi ça les Économies Nouvelles ? Et pourquoi en faire l’objet d’une chronique décalée ? Je vous entends d’ici chères porteuses et chers porteurs de projet.

Alors je vous réponds.

1) Tout d’abord les économies nouvelles ce sont par exemple… l’économie de la fonctionnalité, l’économie collaborative… toutes s’inscrivant dans un souci de responsabilité sociale et de solidarité responsable. Toutes économies, au sens Grec (la bonne marche de la maison) qui incarnent DEJA ou peuvent incarner une alternative à la « Grande Économie ». La sérieuse. Celle que nous connaissons tous et qui, n’ayant pas peur de dire que le Roi est nu, laisse sur le bord du chemin des milliards d’individus, pille la planète goulument, condamne la biodiversité et nous mène droit dans le mur, mais chutttt, laissons rêver les grands enfants !

2) Puisqu’il s’agit d’une chronique décalée alors parlons d’économies décalées que diable ! Et quelque chose me dit que c’est là, dans ces nouvelles économies, toutes liées à ce que l’on nomme la « transition écologique » que se tiennent les potentiels d’activités d’aujourd’hui et de demain. Et oui, ces économies prennent en compte les aspects financiers mais également et surtout les richesses humaines et culturelles et qu’elles nourrissent plus qu’elles épuisent nos écosystèmes naturels. Écosystèmes qui nous inclus, je tiens à le rappeler des fois que… Bref, c’est là que se tient les nouvelles activités, les nouveaux emplois, les nouveaux marchés. Et les territoires ruraux sont ou seront ces lieux de nouvelles fabriques du futur (spéciale dédicace au Pays de Combrailles en Marche). Qu’il s’agisse d’énergie, d’alimentation, de santé, de services, d’artisanat et de commerces, la « mue » de notre société peut et doit être prometteuse.

Et si l’économie faisait du bien aux gens et à la planète ? Allez, chiche on y va !

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

1 Pour le comité de lecture : sanyo est un fabricant, entre autre, d’instruments de musique et notamment de pianos électriques) si Sanyo est considéré comme de la pub déguisé : a) la régie commerciale de Village peut aller les démarcher. B) je vous propose de remplacer « sanyo » par « pas vite » : qui va piano va pas vite.

La lettre F 2018-04-12T19:18:34+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Ah le printemps ! Ça donne envie de vivre plus près de la nature n’est-ce pas ? Allez, reprenez donc votre projet ! Celui-ci doit vous y conduire non ? Moi je m’en vais vous compter, de manière décalée bien évidemment, des nouvelles de la lettre F. Ce sera F comme Fréquentation. Pourquoi ? Parce que. A lire cependant avec modération, vous verrez…

Prendre le pouls de la commune et plus largement du territoire qui pourraient vous accueillir vous, votre famille et votre projet est essentiel bien sûr. Aller se « perdre », flâner, s’immerger dans ces lieux qui doivent vous devenir familiers relève de la plus importante démarche qui soit ! Aux étourdis ou aux amnésiques rétrogrades, je vous conseillerais in peto de relire la lettre B. Pour les non abonnés (ah ben bravo !), j’aimerais également vous indiquer un traitement très efficace contre l’amnésie mais j’ai oublié son nom, désolé.

Bref, ressentez, goutez, vivez votre futur lieu de vie. Comment ? En le fréquentant le plus possible bien sûr. Pendant les vacances si besoin, pendant les WE. Pendant la mauvaise saison. Profitez de toutes les occasions, après tout, cela doit être considéré comme un « investissement » utile. Des territoires qui s’engagent dans les politiques d’accueil ont même parfois des propositions à vous faire en termes d’hébergement et de séjour, renseignez-vous absolument. Le mot d’ordre est : fréquenter, fréquenter et fréquenter ! Fréquenter les élus, les agents de développement, les gens. Ou ? Comment ? Je n’aurais qu’un conseil : visez les cafés ! Ce sont des lieux hautement stratégiques. Ce sont en fait de vrais tiers-lieux avant la lettre. De vrais espaces de coude-working parfois très instructifs ! Des fab-lab créatifs capables de vous montrer le territoire en 3D, voire en 4D. En tous les cas, comme jamais vous ne le verrez dans les dépliants touristiques. On y apprend tant de choses, on y fait tant d’affaires. Ce sont des hauts lieux d’insertion (voire d’ingestion) et de socialisation. Vous y apprendrez à vous faire connaître et à connaître. A soulever le capot du territoire pour vous plonger dans sa réalité, parfois crue, sans fard. D’ailleurs, les élu-e-s ou les impétrant-e-s ne s’y trompent pas : les campagnes à la campagne passent toutes par les bars et les cafés. Bon d’accord, le marché avant. Mais le bar après !

Les cafés sont des maternités à projets ! Des incubateurs en tout poil ! Des alco-systèmes d’acteurs locaux précieux. Des journaux de petites annonces extraordinairement efficaces. Enfin souvent.

Confidence pour confidence, j’ai fait du « Bon Accueil », un café-restaurant du Pays de Racan, l’annexe de mon bureau d’agent de développement pendant 11 ans. Je peux le dire, il y a prescription maintenant. Les gérants, spéciale dédicace, étaient des agents de développement sacrément efficaces.

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi. Il faut que j’évite de fréquenter trop le bureau.

À dans trois mois !

 

 

La lettre G 2018-04-12T19:19:50+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Si je fais le point, nous devons être arrivés au G Monsieur le rédacteur de Village non ? C’est drôle comme parfois les choses arrivent sans qu’on ait à les chercher ! Ce sera donc la lettre G, un point c’est tout.

Enfin c’est tout non, pas vraiment, car ce sera G comme Garage. Pourquoi ? Parce que ! Parce que partir construire sa vie à la campagne (et celle de sa famille le cas échéant) dans un « ailleurs » qu’on ne connaît pas vraiment, nécessite un brin de prudence. Et d’éviter de s’orienter dans une voie de garage. Ou une impasse si vous préférez. En clair et en décodé, évitez de mettre tous vos œufs dans le même panier et dans le même projet ! Soyez stratèges et garder une poire pour la soif. Des fois que… Oui mais comment ? Grâce au plan B ! Réfléchir à un plan B, l’air de rien, vous permet de prendre de la hauteur vis-à-vis de votre plan A. Vous en détecterez plus facilement les failles. Vous pourrez ainsi plus facilement les combler. Et puis le plan B rassure : si votre projet tourne mal, hop, le plan B est là. Il vous donnera confiance. Et de la confiance il en faut ! Pour soi, pour sa famille, mais aussi pour ses partenaires, pour ses financeurs, pour ses clients… Ca peut paraître tordu, je vous l’accorde, mais l’air de rien, éviter la voie de garage en anticipant une alternative permet d’éviter des situations qui peuvent être parfois très, très ennuyeuses. Quelques exemples concrets pour éviter le garage ? Avec plaisir ! Prévoir une installation par étape et in situ (des dispositifs régionaux ou plus locaux peuvent vous être justement proposés : portage salariale, coopératives d’activités et d’emplois, logements passerelles, résidences d’entrepreneurs…), imaginer, si vous êtes en couple, le maintien d’un des deux dans un emploi salarié, trouver le territoire qui pourrait vous offrir une alternative en matière d’emploi si votre projet de création/reprise ne tourne pas rond…

Faire le point grâce au G, avouez que c’est plaisant non ?

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

La lettre I 2018-04-12T19:21:11+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Déjà 2017 ! Meilleurs vœux de vifs doigts à défaut de le faire de vive voix. Quelque chose me dit que vous avez hâte d’être des porteurs-de-projet-acteurs-positifs de cette nouvelle année. Tant mieux. La planète a besoin de vous ! Quelque chose d’autre me dit que la lettre à venir est le i. si. Alors allons-y. Ce sera i comme itératif. Hi ? Pourquoi ? Parce que.

Parce que d’abord c’est un mot pas trop usé. Il fait un tantinet savant non ? Voir un peu précieux. Tant mieux, les mots peu usés ça stimule les neurones et les synapses. Ca n’a pas de prix et c’est toujours cela de pris. Mais surtout cet « itératif » nous renseigne bigrement bien sur l’état d’esprit et le parcours dont vous avez besoin vous les porteurs de projet ! Et non, la vie d’un porteur de projet n’est pas un long fleuve tranquille et linéaire ! Ce serait trop simple n’est-ce pas ? Or, c’est là que notre « itératif » entre en jeu : porter un projet c’est être en capacité de savoir (parfois) tourner en rond, de savoir rebrousser chemin, d’aller à droite puis à gauche, en haut et en bas, de zigzaguer (tiens je le note ce mot là pour ma chronique du Z en 2027) ! Maudite soit la ligne droite ! Elle n’annonce rien de bon. Cette droite, si fière d’elle-même, nage en plein idéologie vieillotte : elle ne pense pas le détail, la fragilité, l’innovation. Elle pense vitesse, elle n’est qu’impatience. C’est confondre hyperactif et itératif. Ainsi, le parcours en ligne droite est soit un leurre, soit un raccourci vers l’échec, bien souvent. Alors qu’au contraire, l’itération prend soin de réfléchir. De chercher. De prendre le temps qu’il faut pour trouver LA bonne réponse ou la moins mauvaise. Une fois trouvée, hop ! On passe à autre chose. Mais on ne laisse pas la poussière sur le tapis.

En quelque sorte, être itératif dans son parcours c’est donner puissance à la gestation de votre projet, de l’élargir, de le forcir. C’est un gage de bonne naissance et de longévité ! Et point besoin de vous mettre les points sur les i pardi !

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

 

La lettre J 2018-04-12T19:23:46+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Au moment où je me lance joyeusement dans la rédaction de cette chronique, le printemps dehors s’en donne à cœur joie ! Bonjour, bonjour les hirondelles (dépêchons nous de les saluer au cas où). D’un coup d’un seul, la chaleur pousse. Les semis aussi, la sève monte. Nos corps réapparaissent, et avec, des envies de renaissance jaillissent de nos têtes.

Bon. Et ? Et bien l’heure est propice aux projets ! Revenons alors à nos moutons. Le chroniqueur, à l’instar de ces flèches noires et blanches qui strient nos cieux adoucis, se sent malicieux, facétieux.

Et c’est pourquoi la lettre du jour sera le « j ». Bien. Et ? Et ce sera « J » comme, hum, justaucorps ! Mon ami Philippe, qui chantait pour passer le temps aurait préféré léotard que justaucorps mais pour les raisons évidentes que vous devinez, ce n’est pas possible. Pardon à Jules, son créateur, mais ce faisant, je lui redonne, l’air de rien, ce qui lui appartient (l’invention du justaucorps). Je précise, au cas où, qu’il s’agit de Jules Léotard et non de Jules César, qui lui a inventé la Province. Et des sièges très inconfortables.

Ce sera donc justaucorps !

Pourquoi ? Parce que !

Parce que votre projet doit être conçu de la même manière qu’un justaucorps pardi ! Ce doit être votre seconde peau. Il doit épouser à merveille les courbes de vos desseins personnels. Ni trop ample, ni trop étriqué ! Dans le premier cas, ce trop d’ambition vous ferait flotter. Gare à la noyade alors ! Dans le deuxième, cette vision trop maigrelette de votre projet pourrait vous étouffer !

C’est pourquoi vous devez sans cesse découdre, recoudre, tailler voire rapiécer votre projet. Vous devez le ciseler à vos mensurations, à vos envies… et aux réalités économiques. Que sa matière soit souple pour coller aux variations de poids ou de dimensions du projet. Que sa couleur soit vive pour qu’il soit visible. Que ses fibres soient en phase avec les vôtres. Surtout pas de matière artificielle !

Ce projet « justaucorps » doit répondre, ne l’oubliez pas, à vos aspirations personnelles et professionnelles, mais doit également coller à la peau du territoire de prédilection.

Ainsi paré, vous serez fin prêt le jour « j » bien sûr !

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

 

La lettre K 2018-04-12T19:27:36+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

Et voilà ! Il fallait bien que cela arrive ! Dans un abécédaire, il y a des lettres sympas, amènes, accueillantes, et puis il y a les cabochardes, les ingrates, les repoussantes. J’en vois déjà deux ou trois parmi vous, fidèles lectrices, fidèles lecteurs, qui sourient sous cape, en se disant : même pas cap !

Pourquoi ? Parce que !

Parce que nous sommes arrivés à la lettre K ! Et là, forcément, certains entendent déjà le roulement de la caisse claire lors des numéros circassiens qui annonce le péril et qui impose silence et attention maximale des spectateurs… Si des fois il pouvait y avoir une chute…

Et vlan ! Cymbale ! Accrochez-vous ! Ce sera le K comme Kaïros !

Honte à moi qui ais tremblé quelques minutes devant ma feuille blanche en ayant peur de sécher le K. Bon sang mais c’est bien sûr ! Le Kaïros s’est imposé de manière lumineuse. Mais, et je sens votre haleine, non pas dans mon cou, mais toute en retenue, c’est quoi ce bidule ? Qu’est ce qui nous raconte ce chroniqueur ? Il décale à plein tube ou quoi ? Que nenni ! Ce mot, chers porteurs de projet, est le plus beau et le plus utile des mots pour les porteurs de projets. KaIros est en effet un des trois concepts du temps Grec (avec Chronos et Aiôn) qui désigne le temps des opportunités. L’instant unique où, parce que vous aviez le nez en l’air, vous vous êtes mis en capacité de saisir l’opportunité. C’est par exemple l’offre de reprise du commerce de vos rêves dans le territoire de vos rêves. C’est l’accès à des subventions que vous n’aviez même pas calculées mais sur lesquelles vous êtes tombées en lisant un article sur Village Magasine (juste avant cette chronique). Vous y voyez mieux ? Le Kaïros, c’est la capacité à saisir sa chance (celle qui sourit aux audacieux). Au bon moment. Avant c’est trop tôt, après c’est trop tard. Et c’est tout sauf du hasard : c’est de l’entrainement, c’est une posture ! Etre agile, ouvert, attentif et prompt ! Voilà de belles qualités pour un porteur de projet n’est-ce pas ?

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront » écrit le poète.

Oh ? Il est déjà cette heure ? Bigre, Chronos va me dévorer ! Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

 

La lettre L 2018-04-12T19:26:26+00:00

Chère lectrice (cher lecteur)

Et si nous décidions ensemble, un peu follement, d’explorer cette fois-ci dans une formule tout à fait originale, la lettre L ? Quelle audace me diriez-vous ! Mais à y regarder de plus près, vous auriez tôt fait de me retourner que cette lettre, la L, arrive par ordre alphabétique après le K, et que d’audace, dans cette abécédaire décalé, vous n’en trouveriez point… Ce n’est pas faux ! Aussi, soyons sage et reprenons le cours paisible de cette chronique qui désormais coule et s’écoule paisiblement. Reprenons donc à la Lettre L.

Ce sera donc L comme LOCAL ! Mais pourquoi ? Parce que ! Parce que le « LOCAL » à la campagne cela compte beaucoup. C’est même essentiel. Essentiel pour vous porteurs de projet parce que nous le savons (héhé), vous ne portez pas QUE des projets professionnels. Non, vous portez aussi un projet de vie (souvent à plusieurs, en famille). Et même que souvent, votre projet professionnel n’est qu’un prétexte à changer de vie, à changer de projet de vie. Alors concilier projet de vie et projet professionnel ne peut se faire de la meilleure manière que si vous considérez, appréhender, maîtriser le LOCAL. Le LOCAL ici s’entend comme le lieu qui sera le support des deux versants de votre démarche de migration (et oui vous osez être des migrants, respect). Autant dire que pour ces deux versants, il est crucial que vous soyez non seulement le plus en phase avec ce LOCAL mais aussi que vous vous y investissiez. Il serait même plus que bien que vous puissiez devenir des « grands » acteurs de ces « petits » territoires ! D’ailleurs les petits territoires qui y réfléchissent, et il y en a, le souhaitent ardemment. Vous êtes en effet les nouvelles énergies indispensables pour consolider, renouveler, épaissir leur devenir, voire le rendre possible. Sans accueil, plus de territoire. Et ce n’est surtout pas manquer d’ambition que de vouloir se réaliser dans le « LOCAL ». Ah que non ! Certains pensent même que le Monde ne peut se refaire qu’à partir du LOCAL. Et pas l’inverse. Et que si cela était le cas, l’inverse, cela s’appellerait une dictature. BRRRRR. Et si nous inventions, nous les persuadés du petit périmètre ouvert et relié, en clin d’œil à Édouard Glissant, le concept de « LOCAL-MONDE » ?

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

 

La lettre M 2018-04-12T19:22:29+00:00

Chère lectrice (cher lecteur),

En guise d’étrennes je ne résiste pas à vous offrir cette citation de Pessoa, auteur universel et Portugais qui écrivait ceci : « Un bref coup d’œil sur la campagne me libère plus complètement que ne le ferait un long voyage pour quelqu’un d’autre ». Lui, l’habitant de Lisbonne qui détestait voyager. Et vous ? Où en êtes-vous de vos désirs de campagne ? Vous ramez ? Ça tomberait presque bien avec le climat humide de ces derniers…mois en métropole ! Souquez ferme porteurs de projets, la terre est proche ! Aussi et pour vous distraire quelque peu de ce fichu temps à fichus, je vous convie à explorer une toute nouvelle lettre. Il s’agit cette fois ci du M. Allez, je vous vois déjà sourire et vous vous attendez à ce que je m’éparpille autour du M comme Aime ! Et bien non. Ce sera M comme Monnaie. Ah, ça calme direct non ? C’est moins glamour. Mais pourquoi Monnaie ? Parce que !

Parce que sans monnaie pas de projet ! Dans notre société de haute intelligence, tout porteur de projet doit démontrer avant tout qu’il sera sincère, dévoué et durablement mobilisé à son entreprise en affichant le capital financier qu’il y investira ! Une de nos bonnes vieilles valeurs capitalistes qui apparemment a fait ses preuves ( ?). Enfin passons. Et si vous n’en avez pas de monnaie ? Au passage, et pour vous rassurer, c’est un cas de figure qui se rencontre assez souvent et qui a tendance même à devenir banal. Comment alors déjouer ce piège rédhibitoire et un tantinet paradoxal : comment avoir de l’argent avant même de pouvoir mettre en œuvre l’outil pour en gagner ? Surtout quand on est jeune ! Nos bonnes vieilles banques ne prêtent qu’aux gens qui ont déjà du capital ! Passons. Passons au système D justement. Retournez la contrainte et faites en une force. La recherche de capitaux doit vous permettre d’explorer de nouveaux montages financiers et juridiques. A vous cette audace ! Le capital n’est pas que financier, il peut, doit être social. Les entreprises peuvent être coopératives et ainsi les sources d’investissements seront multipliées, les modèles économiques peuvent inclurent le préfinancement de productions (regardez les AMAP), enfin les dispositifs de prêts divers et variés et souvent régionaux, s’ils ne vous perdent pas, pourront utilement faire grimper les apports en capital et jouer leur rôle de levier. Et je ne parle même pas de crowfunding voire de tontine… En un mot, plus vous donnerez de sens à votre projet (pas celui-ci de faire de l’argent pour de l’argent en clair), et plus les montages financiers nouveaux vous seront atteignables. Définir son projet et son modèle économique avec ses futurs clients, fournisseurs, sociétaires, voilà une manière originale et solide de rénover « l’étude de marché ». Chaque territoire devrait avoir son conseiller en finances solidaires et originales. Au service DES projets. Tout le monde y gagnerait, enfin presque tout le monde. Notamment les territoires ruraux qui, faute de densité de consommateurs, n’intéressent plus vraiment les investisseurs capitalistes. Et si c’était une chance ?

Oh ? Il est déjà cette heure ? Désolé mais il est tard, Madame, il faut que je rentre chez moi.

À dans trois mois !

 

 

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